Monday, August 16, 2010

Crash de Maracaibo: un rapport vénézuélien conclut à une erreur humaine


CARACAS — Un rapport vénézuélien attribue à une erreur humaine le crash aérien de Maracaibo, qui a fait 160 morts dont 152 Martiniquais en 2005, mais les familles de victimes soulignent un élément technique évoqué par le document, cinq ans après la tragédie.

"Les preuves vont dans le sens d'un facteur humain comme cause de l'accident", dit le rapport du ministère vénézuélien des Transports dont l'AFP a obtenu lundi une copie.

Le 16 août 2005, le McDonnell Douglas de fabrication américaine de la compagnie colombienne West Caribbean, reliant Panama à Fort-de-France, a été pris dans de mauvaises conditions climatiques. L'appareil a commencé à descendre, avant de décrocher, sans que l'épuipage ne puisse rattraper la situation. Il s'est finalement écrasé dans une zone montagneuse du Venezuela.

La commission d'enquête vénézuélienne conclut que l'accident s'est produit en raison de "l'absence d'actions pertinentes visant à corriger l'entrée en perte de l'appareil", et à de "mauvaises" décisions prises par les membres de l'équipage.

Plus généralement, il est le résultat d'une conjonction d'événements: "la crise financière" que traversait la compagnie, la méconnaissance de certaines faiblesses opérationnelles de l'avion, ou encore, l'inexpérience du pilote et du copilote.

Les membres de l'équipage n'avaient pas été préparés à certains problèmes présentés par le MD80, notamment en cas de "perte de soutien à des altitudes élevées", c'est-à-dire de décrochage. Des accidents similaires s'étaient produits sur des avions de même modèle.

La commission d'enquête vénézuélienne recommande "une formation efficace" pour les équipages, et conseille au constructeur de "réviser (pour les améliorer) les algorithmes existant dans certains équipements ou systèmes qui fournissent des alertes".

L'Association des victimes de la catastrophe aérienne (ACVA) a noté lundi que le rapport confirmait l'erreur humaine, tout en soulignant la mention de cet élément technique important.

Le rapport apporte un "petit élément qui manquait et qui nous a toujours fait bondir", a déclaré à l'AFP Daniel Hierso, porte-parole de l'ACVA représentant les familles des victimes résidant en métropole.

"On n'arrivait à pas à comprendre pourquoi les pilotes ne sont pas arrivés à sortir du décrochage", a-t-il expliqué, ajoutant que les alarmes de décrochage pourraient avoir fonctionné trop tard.

"Ce n'est pas ce qui a causé l'accident en lui-même, mais cela a pu être un facteur contributif de l'action inappropriée des pilotes qui ne se sont pas rendu compte tout de suite qu'ils étaient déjà en décrochage", a poursuivi M. Hierso.

Une dizaine de villes de Martinique ont commencé à commémorer lundi l'accident. Une première cérémonie s'est déroulée dans la matinée à Fort-de-France, où une centaine de personnes se sont réunies devant le monument d'hommage aux victimes avant de marcher en direction du palais de justice.

"Nous voulons faire passer le message qu'on ne veut plus d'avions poubelles", disent les familles de victimes, venues honorer leurs proches disparus, sous la pluie et dans le recueillement.

Le cortège a déposé 160 paires de chaussures devant le palais de justice en signe de protestation contre la lenteur de l'enquête.

AFP

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