Monday, August 16, 2010

CRASH. Cinq ans et toujours des interrogations



Cinq ans après le crash au Vénézuéla dans lequel ont péri 152 Martiniquais, un rapport d’enquête vient d’être publié, mais des questions restent sans réponses.


Cela faisait plusieurs mois que les familles des victimes attendaient la publication du rapport d’enquête. Ce rapport leur avait été présenté quelques mois plus tôt au Vénézuela en marge d’un anniversaire douloureux. Ce lundi 16 août, cela fait 5 ans que 160 personnes ont péri dans le crash d’un avion de la compagnie colombienne West Carribean Airways. Le vol en provenance de Panama était attendu à Fort-de-France au petit matin, le 16 Août 2005. Il n’est jamais arrivé. L’avion s’est écrasé dans les montagnes vénézuéliennes, à Maracaibo. Les 8 membres d’équipages et les 152 passagers tous attendus en Martinique, n’ont pas survécu au crash.

Conclusions controversées
Dans ce rapport d’enquête technique, la défaillance des pilotes est la seule cause de cette catastrophe aérienne. Selon le journal libération, les experts ont recensés 57 erreurs. Cette conclusion ne satisfait guère les familles des victimes qui déplorent dans un communiqué que les coupables désignés étant morts, « la plainte devrait aboutir à un non-lieu, et donc qu’il n’y aurait pas de procès". Les familles des victimes par le biais de son association, l’Avca, réclament que toute la lumière soit faîte dans ce dossier. Pour l’association, il existe encore trop de zone d’ombre.

Dossiers non réglés pour l’Avca
Parmi les éléments en suspens : la compagnie. Elle a mis la clé sous la porte après le crash de son MD-82. En difficulté financière elle ne payait plus ses employés depuis 4 mois, et n’avait plus qu’un seul appareil en exploitation.

Le « transporteur ». Un homme qualifié comme courtier par la justice française et qui pour elle, a servi d’intermédiaire entre l’agence de voyage et la compagnie. Une lecture différente pour la justice américaine qui elle qualifie cet individu comme transporteur de fait, car il s’est notamment « substituer à la compagnie pour l’obtention du droit de trafic ». Sur ce volet, une plainte a été déposée en France contre cet homme.

Le traitement judiciaire de ce dossier est également pointé du doigt. Moyens insuffisants, lenteurs… Pour les parties civils « le dossier est traité avec une incroyable légèreté et les promesses venues d’en haut au lendemain du crash n’ont pas été tenues » selon l’Avca.

Le 9 novembre la chambre d’instruction se prononcera sur les suites à donner ou pas à l’enquête.

Anniversaire douloureux
Cette catastrophe aérienne avait bouleversé la Martinique entière. La nouvelle avait commencé à être diffusée dans les médias dès 8 heures, heures locales, la liste des victimes annoncée au public à l’aéroport du Lamentin et en direct dans les médias en fin de matinée. Cette onde de choc a touché chaque Martiniquais qui connaissait de près ou de loin, au moins une des victimes du crash. Cinq ans plus tard, l’émotion est encore présente.

Des commémorations sont programmés en Martinique dans différents lieux. Fort-de-France tout d’abord, puis dans les communes de Basse-Pointe, Saint-Joseph, François, Ducos, Saint-Esprit, et Rivière-Pilote. Le soir, un documentaire intitulé « Panama-Fort-de-France, autopsie d’un crash » sera en diffusion unique sur Télé Martinique, et suivi d’un débat avec les membres de l’association des victimes de la catastrophe aérienne du 16 Août 2005.

Karine Sigaud-Zabulon



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