Saturday, August 15, 2009

- TIVOLI. RÉGINE RAMIN : « La question qui me hante encore et toujours, c'est : pourquoi ? »

Depuis le 16 août 2005, Régine Ramin pleure Denis et Marie, ses deux parents et Aimée, sa tante, tous morts dans le crash.

Depuis ce mardi 16 août 2005, rien n'est plus pareil pour Régine, Olivier et Murielle Ramin. Leurs parents, Denis et Marie, accompagnés de leur tante, Aimée, étaient dans l'avion qui s'est écrasé à Maracaibo. « J'avais eu ma mère au téléphone la veille, et elle avait hâte de rentrer à la maison. Elle m'avait dit avoir passé de très bonnes vacances mais qu'elle avait envie de retrouver sa petite-fille Inès (ma fille). On attendait leur retour tout simplement » , raconte Régine.


Une rencontre salutaire


« Je me souviens qu'à la même période, il y avait eu un crash à Chypre, l'accident du vol 552 d'Helios. En regardant les infos, je me demandais comment cela se passait pour les familles, comment se déroulaient les interventions des cellules de crise... En apprenant le crash de Maracaïbo, j'ai eu l'impression que c'était de ma faute, j'ai culpabilisé d'avoir pensé à ça... Peut-être que je leur avais porté malchance... ? » , ajoute la jeune femme, la gorge serrée par l'émotion. « Pendant une longue période, j'espérais que le téléphone sonnerait et qu'ils nous diraient : « nous sommes toujours en vie, nous arrivons bientôt, tout va bien... » .

« J'ai fait deux fois le voyage au Vénézuela. La première fois, pour aller à la morgue et voir les cercueils entreposés. Ça a été très dur! Les savoir si proches de nous et ne pas pouvoir les voir... Mon second voyage s'est fait en novembre 2006 avec l'AVCA, et nous avons pu aller sur les lieux du crash. J'ai une rencontre poignante qui m'a un peu apaisée. Nous avions fait faire un tee-shirt, avec une photo de mon père, de ma mère et de ma tante (la soeur de mon père) et je le portais. Les villageois de Machiques, premiers témoins de l'accident, ont pu ce jour-là nous rencontrer et discuter avec nous. J'avais envie de leur montrer que nos proches n'étaient pas que des corps disloqués mais des personnes chères à nos coeurs. Un des hommes présents m'a alors demandé qui était l'une des deux femmes sur mon tee-shirt. Je lui ai répondu « ma mère » et il m'a avoué que c'est lui qui l'avait retrouvée. Cela m'a soulagé car j'ai pensé que s'il l'avait reconnue sur la photo, c'est qu'elle était bien, pas défigurée... » .

« Chaque année, c'est dur »

Quatre ans après, la douleur et le traumatisme restent les mêmes pour Régine. « Mon frère ma soeur et moi, nous avons perdu notre port d'attache. Nos parents étaient nos deux piliers... »

Même si peu à peu la vie reprend le dessus aujourd'hui, la jeune femme a eu du mal à faire face à cette épreuve. « C'est ma fille Inès et mon compagnon qui me donnent le courage de continuer. Je travaillais en tant qu'agent d'embarquement à l'aéroport. Mais, depuis le crash, je n'ai jamais pu reprendre mon poste. J'ai changé d'orientation aujourd'hui, j'ai réussi le concours d'infirmière et, en septembre, je commence une école sur trois ans. Nous venons d'emménager dans notre maison construite à la sueur de nos fronts. On fait beaucoup de choses par nous-mêmes. Tout cela m'occupe. Mais, quoi qu'on y fasse, je pense toujours à tout ce que l'on aurait pu vivre et partager avec eux s'ils étaient encore là. Voir grandir Inès, découvrir notre nouvelle vie... Le 10 août, c'était l'anniversaire de ma mère et le 16, la date anniversaire du crash... Chaque année, c'est dur. J'irais à Basse-Pointe cette fois-ci et j'appréhende cette quatrième commémoration... Je pense que l'on ne saura jamais vraiment ce qui s'est passé et pourquoi ils ne sont jamais revenus. Mais je veux que la compagnie paye pour cette tragédie, on attend encore car j'ai choisi le procès aux USA. L'argent, l'indemnisation je m'en fiche. J'aurais préféré que nos parents soient encore avec nous. Mais, c'est un combat pour le principe et afin que cette horreur ne se reproduise plus » .

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