Monday, May 28, 2007

Crash du 16 août 2005 : "les facteurs humains paraissent déterminants" (procureur)

Le procureur de la République de Fort-de-France, Claude Bellenger, a déclaré lundi que les "facteurs humains paraissent déterminants" pour expliquer le crash d'un avion qui avait fait 160 morts dont 152 Martiniquais, le 16 août 2005 au Venezuela. Le procureur s'exprimait lors d'une conférence de presse au fort de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) pendant que 200 proches des victimes du crash assistaient à la présentation d'un rapport d'étape qui avait déjà été faite en avril à Fort-de-France pour les proches résidant en Martinique. Les familles ont notamment visionné un film d'animation en 3D retraçant les 30 dernières minutes du vol de la compagnie colombienne West Caribbean avant l'accident. "Elles l'ont vu de manière sereine, en percevant que les facteurs humains paraissent déterminants", a précisé le procureur, interrogé sur la façon dont les familles avaient perçu le film. "Il y a des très grandes interrogations sur le choix de la route orageuse qui a été faite et sur l'altitude adoptée qui ne correspond pas" à celle qu'aurait dû emprunter l'appareil qui s'est écrasé, a précisé M. Bellenger. "L'avion trop chargé a essayé d'atteindre un niveau de vol qu'il ne pouvait pas atteindre (..), a cherché à monter en altitude pour éviter l'orage ce qui s'est traduit par une perte de puissance" expliquant le décrochage, a-t-il précisé. "L'équipage n'a pas réagi à une perte de vitesse", a-t-il ajouté. "Aucune défaillance technique n'a à ce jour été démontré" a affirmé M. Bellenger. Le magistrat a annoncé "le prochain départ en Colombie" des deux juges d'instruction chargé de l'enquête pour mener des investigations sur la formation et l'expérience des pilotes de la West Caribbean. Selon le rapport présenté en avril en Martinique et lundi à Rosny-sous-Bois, les moteurs du MD-82 qui s'est écrasé à Machiques (Venezuela), fonctionnaient au moment de l'impact au sol. Le procureur a également noté qu'il y avait une "discordance d'ancienneté" entre le pilote expérimenté et le co-pilote "relativement inexpérimenté avec 700 heures de vol." Il a enfin insisté sur la nécessité pour les familles d'assigner en justice la compagnie aérienne, afin d'être indemnisées, avant le 16 août 2007 qui marque la fin du délais de prescription. "Beaucoup ne l'ont pas encore fait", a-t-il dit.

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