Wednesday, November 30, 2005

Le "cauchemar" à l'aéroport de Fort-de-France, et la Martinique sous le choc.

DUCOS, Martinique (AP) -
Le "cauchemar" à l'aéroport de Fort-de-France, et la Martinique sous le choc.
Les 152 passagers de l'avion affreté par la compagnie colombienne West Caribbean Airlines, écrasé mardi au Venezuela, étaient tous originaires de la petite île française où beaucoup de personnes comptaient un ami ou un parent parmi les victimes.
Les Martiniquais morts dans la catastrophe s'étaient rendus au Panama dans le cadre d'un programme touristique de rencontre des descendants de leurs ancêtres des Caraïbes, venus dans ce pays d'Amérique Centrale pour y construire le canal, selon le ministre des Affaires étrangères du Panama.
A l'aéroport de Fort-de-France, les parents des passagers se sont effondrés en sanglots à l'écoute de la liste de leurs proches décédés, lue par un député de l'île.
"C'était le cauchemar à l'aéroport, avec toutes ces familles qui attendaient des nouvelles. Ceux qui ont été mis au courant sont partis en larmes", raconte George Venkapaten, dont le frère de 48 ans est mort avec sa femme et son fils de six ans.
Parmi eux, des enfants dont les parents étaient partis en vacances au Panama avec la West Caribbean Airlines sont devenus orphelins en une nuit.
"Ils demandaient :'Qu'est-ce qui va nous arriver ? Qu'est-ce qu'on va faire ?'
Ce sont des questions qui vous donnent la chair de poule", témoigne Max Bottius, un des psychologues chargés de prendre en charge les famille des victimes.
La catastrophe aérienne la plus importante ayant jamais touché des Français a frappé le seul département de la Martinique, où les 432.000 habitants sont particulièrement liés entre eux.
"La Martinique est une petite île -alors 152 morts, vous imaginez... Ca veut dire que virtuellement, tout le monde avait un cousin dans cet avion", explique Magalie Grivallier, une porte-parole de la préfecture.
Cent cinquante amis et proches se sont réunis devant la mairie de la petite ville de Ducos, non loin de Fort-de-France, qui a perdu trente de ses habitants dans le crash du McDonnell Douglas MD 82. "Je ne comprends pas.
C'est comme si le ciel m'était tombé sur la tête aujourd'hui", déclare sous le choc Claire Renette, âgée de 40 ans, dont la soeur est morte dans l'accident. Mercredi, le ministre de l'Outremer François Baroin doit se rendre à Ducos et dans d'autres villes frappées par la catastrophe comme Saint-Esprit, François et Basse-Pointe, après avoir assisté à une cérémonie de commémoration pour les victimes.
Le McDonnell Douglas MD82, un bimoteur construit aux Etats-Unis, ramenait en Martinique des vacanciers après leur séjour au Panama et assurait un vol charter de la compagnie colombienne West Caribbean Airways. Il s'est écrasé tôt mardi matin dans l'ouest du Venezuela une heure après son décollage, suite à une panne des deux moteurs, tuant les 160 personnes, dont huit membres d'équipages colombiens et 152 passagers français, qui se trouvaient à bord.

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